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Date : 1/29/2016
Lieu : Savonnières en Perthois. Meuse.
Activité : Carrières - Spéléodrome - Rupt du puits. Du 29 au 31 janvier.

Description :

Participants : 37 membres de notre club.


Me voilà en route pour un second camp avec mon club de spéléo favoris. C’est le deuxième pèlerinage que j’ai l’occasion de faire avec le SCSC.

Nous sommes vendredi, il est 7h du matin et je suis en voiture avec Doris et Daniel, notre chauffeur. Tous ensemble, nous chantons à tue des têtes des chansons à la gloire de notre Seigneur Dieu afin qu’il nous bénisse pour toute la durée du trajet jusqu’à Lisle-en-Rigault où se trouve notre gîte. Nous allons, à l’occasion de ce camp, explorer quelques grottes dans la Meuse française.

Quatre heures auront suffi pour relier Couvin à notre point de chute. Le gîte est propre, assez confortable et dispose de toutes les commodités nécessaires pour rendre le séjour agréable : douche chaude et toilettes en suffisance, cuisine équipée, vaisselle en suffisance, une énorme salle à manger et même le wifi. Il y avait même des draps sur simple demande pour ceux qui n’avaient pas envie de s’encombrer d’un sac de couchage.

Mais nous n’étions pas ici pour profiter du confort du gîte. Aux douches chaudes nous préférions la fraicheur des rivières. À la douceur des draps nous préférions la dureté de la roche. À l’éclairage des ampoules incandescentes nous préférions l’obscurité des cavernes. Nous étions des hommes. Des vrais. Parfois des femmes aussi. Des vrais.

Toutes ces fioritures nous importaient peu. Si nous avions réservé un gîte, c’était uniquement pour disposer d’un endroit où parquer nos véhicules.

Je pars avec Ben à la recherche d’une boulangerie dans le village dans le but de réserver du pain pour les deux matinées que nous passerons ici. Par chance, il y en a une tout près du gîte. C’est une charmante dame qui nous reçoit et Ben s’entretient avec. Il apparait à la conversation que nous manquons de corde car Ben demande s’il est possible de réserver de la ficelle.

Je suis un peu gêné car ce n’est pas le genre d’article qu’on a coutume de vendre dans une boulangerie et je tente de le faire comprendre discrètement à mon ami tout en lui rappelant la raison de notre venue ici. Finalement les deux se mettent d’accord sur une trentaine de baguette pour demain matin.

Très vite, nous partons avec les spéléos présents dans la carrière de savonnières. Ce site gigantesque couvre une superficie d’environ 100 ha pour à peu près 200 km de galeries souterraines.

La carrière des grands malades à coté, c’est une cabine téléphonique dans le Sahara. Un véritable labyrinthe au sein duquel notre vaillant président son fidèle écuyer, Ben, n’ont aucune difficulté pour nous guider.

Quatre cavités sont au programme dans ce gruyère : la Sonnette I, la Sonnette II, la Besace et l’Avenir. Alors que nous faisions fasse à l’Avenir, le groupe a été scindé en deux. J’ai décidé de laisser l’Avenir pour plus tard. A la place, j’ai choisi de partir avec Doris et Daniel pour expérimenter quelque chose de tout à fait nouveau pour moi : l’équipement.

C’est avec mes compagnons de voyage que je fais l’expérience de l’équipement. Durant le trajet en auto, nous avions bien révisé nos nœuds entre deux alléluias.

Nous commençons par la Sonnette I. Daniel est en tête et équipe d’une main de maître. Les mouvements sont nets, précis, sans aucune hésitation. Nous ne manquons pas d’admirer la cavité bien que l’essentiel de notre attention soit focalisée sur l’équipement de la grotte.

Tout se déroule à la perfection jusqu’au moment où, en cours de progression, nous décidons de mettre en place un déviateur pour préserver un maximum la corde du frottement. Nous ne disposons cependant pas d’une sangle pour cela…

C’est alors que d’un geste d’une beauté telle que la grotte en fut éblouie durant un bref instant, je sors un prussik de ma poche et dit « prenez et servez en vous, ceci est ma corde livrée pour vous ». Et c’est ainsi que la corde du club fut sauvez du frottement, grâce à l’acte héroïque du meilleur élément du président.

En cours d’expédition, nous serons rejoints par Thierry, Joël et Sam qui auront probablement entendu parler de l’arrivé de l’arrivé d’un messie dans la carrière. Une fois la Sonnette I terminée, nous enchainons sur la Sonnette II, le Retour. Doris et Daniel sont à l’équipement.

La beauté des nœuds rivalisent avec la beauté des grottes. Aucun nœud n’est mis au hasard et la position de chacun est toujours soigneusement étudié ainsi qu’argumenté.

Soudain, l’envie de poser un autre déviateur se fait ressentir. Certains disent avoir entendu chanter les anges lorsque j’ai sorti une seconde cordelette de ma poche. D’autres raconteront que la cordelette est sortie de la paroi lorsque j’ai frappé la roche d’un bâton. Mais tous s’accordent à dire qu’un miracle a bel et bien eu lieu à ce moment-là et que l’équipement de cette seconde cavité fut un succès.

Fort de cette expérience, c’est avec une ardeur bouillonnante que le groupe prophétique s’est lancé dans la conquête de la troisième cavité mise au programme : la Besace.

Ce fut sans doute ma cavité préférée de la journée. La raison n’est pas seulement parce que je n’ai pas eu à couper une troisième fois dans la ficelle de mon string pour en faire un déviateur. Non. Ni parce que, esthétiquement, ce fut celle que j’ai trouvé la plus belle. Non plus.

Cela fut pour deux raisons. Premièrement parce que j’ai eu l’occasion d’équiper une partie de la grotte. Ce qui fut une grande première pour moi et j’espère avoir d’autres occasions comme celle-ci. Et deuxièmement, parce que j’ai pu remonter l’entièreté de la cavité en opposition et en escalade, le relief et la roche s’y prêtant bien. Avec l’eau qui ruisselait sur la paroi, c’était génial.

La journée fut bien remplie et tout le monde avait quelque chose à raconter lors du repas. C’est après une bonne partie de carte que je suis parti me coucher, impatient de vivre ma prochaine aventure.

Il est samedi. Je suis encore à moitié réveiller. Le visage de notre président m’apparait alors comme dans un rêve. Ses lèvres se mettent alors à bouger et me décrivent le spéléodrome de Nancy que je vais voir voir aujourd’hui.

C’est si beau. Greg raconte ça si bien. Il me parle d’une galerie souterraine artificielle. D’ancien réservoir d’eau. De concrétions de toutes les couleurs. De portes de sous-marin. De perles de cavernes par millier. Tout ça dans un murmure. Je suis ému. Je suis sans voix. C’est la tête pleine de comte que je descends déjeuner. Je n’ai plus envie de parler. Je pense à toutes ces choses que Greg m’a racontées en rêve.

Tout le monde s’agite autour de moi car on part bientôt pour ne pas perdre la journée. Aussitôt mon petit déjeuné avalé, je prépare mon sandwich de midi que je mets dans mon bidon étanche. J’ai hâte d’y arriver.

Après quelques kilomètres, nous sommes arrivés sur le site. Il faudra cherche un peu pour localiser l’entrée. Celle-ci se trouve dans une forêt, cachée entre 4 murs, en dehors du chemin forestier. Il ne manquait plus que les murs soient peints en vert et on aurait vraiment pu penser que l’entrée était cachée.

C’est Daniel qui équipe l’entrée qui est en fait un puit de 60 m, très impressionnant. Nous constituons Joël, Thierry, Doris, Daniel, Zara et moi la première équipe à traverser le spéléodrome. Zara est un chien.

Probablement le premier chien à visiter le spéléodrome et à avoir descendu 60 m de puit dans un kit pour ce faire.

Félicitation à lui ! Une fois tout le monde en bas, nous commençons l’exploration. Greg ne mentait pas. Cette cavité est vraiment impressionnante et semble sortir tout droit d’un autre monde.

Tout le trajet, nous marchons sur des perles des cavernes par millier voir par millions. Perles si rare d’accoutumé.

Les murs sont recouverts d’une calcite d’une blancheur éclatante. Au plafond nous pouvons voir des concrétions ayant pris la forme de roses là où s’écoule l’eau.

Nous pourrons voir au cours de notre parcours d’environ 5 km cette fameuse porte de sous-marin figée dans le calcaire. Ce souterrain, bien qu’artificielle, est une véritable perle. Un vestige sortit tout droit du passé.

Je me suis senti véritablement privilégié d’avoir eu la chance d’arpenté ces couloirs calcifiés. A la sortie, certains devaient être encore sous le choc car, désorientés, ils ne parvenaient plus à suivre correctement le gps pour retourner aux voitures.

La soirée fut tout aussi bonne que la veille. Greg hantait toujours mes pensées et je ne parvenais pas à trouver des mots suffisamment forts pour décrire ce que j’avais vu aujourd’hui. Après un bon repas, quelques parties de cartes et un peu de potion magique, je suis allé me coucher afin d’être d’attaque pour la journée de demain.

Dernier jour de camp. Tout le monde s’agite au petit déjeuner. En écoutant ce qui se dit autour de moi, j’entends qu’il y a eu des soucis durant la nuit. Apparemment, un phacochère vert géant se serait introduit dans une des chambres lorsque tout le monde dormait, attiré par l’alcool. Ben se serait battu toute la nuit avec. Je suis rassuré que personne n’ait été blessé.

Je pars avec Didier, Doris, Océane, Guillaume et Alix pour le rupt du puit. Il s’agit d’une rivière souterraine à 10 min à peine du gite.

L’entrée se fait par un puit de 60 m en forêt. C’est Didier qui, le premier, part pour vérifier le niveau de l’eau.

Étant donné les précipitations importantes des derniers jours, nous avions peur que la rivière soit en crue. Cela ne fut finalement pas le cas et nous avons eu la chance de pouvoir l’explorer sans aucune difficulté.

Il était très intéressant d’observer les parois tout en devinant la force du courant au travers des nombreuses cannelures. Les plafonds étaient également impressionnants par leur hauteur et leur texture d’apparence très lisse.

Une très belle cavité que je ne regrette pas d’avoir faite. Au retour, chacun eu le plaisir de remonter les 60 m de puits à la jumar. Mais les plus chanceux fut certainement ceux qui ont eu le plaisir de recevoir mes encouragements durant toute la remonté. Ceux-là pourront vous dire que je siffle vraiment bien.

C’est sur cette grotte que j’ai terminé mon camp en Meuse française. Celui-ci fut une nouvelle fois une superbe expérience que j’ai appréciée au plus haut point. Normal, la recette n’a pas changé : un très beau programme et, surtout, une superbe ambiance avec des gens géniaux.

Merci à tous pour ce moment ! Au club, à ceux qui organisent, à ceux qui aident sur place, à ceux qui contribuent à mettre de la bonne humeur, ... bref, à tout le monde !

Anthony.

TP : 3 jours.


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